

L'île s'étend sur une trentaine de km, sa largeur variant de 70 m à 5 km et sa superficie est d’environ 85 km2. Amarrée au continent par un viaduc de 2926m depuis 1988, la fréquentation des 10 villages aux maisons blanches et volets verts a considérablement augmenté.

L'île de Ré reliée au continent depuis 1988.
En 1178, l'abbaye cistercienne des Châteliers est fondée sous l'égide des Mauléon, Seigneurs de la Flotte , malgré une histoire agitée faite d'invasions et de rivalités entre Français et Anglais dues aux différentes religions, une activité de saunerie existe déjà grâce aux religieux de Saint Michel en l'Herm, mais il faudra attendre le XVème siècle pour connaître un essor important de cette activité.

Il ne reste qu'un vestige de l'abbatiale abandonnée au XVIIIème siècle.
Au début du XIXème siècle, dans la partie ouest de l'île, entre Loix, Ars, Saint-Clément-des-Baleines et les Portes-en-Ré, 1550 hectares de marais salants (soit 18% de la surface de l’île de Ré) font vivre plus du tiers des Rétais. C’est alors l’apogée de la production salicole qui atteint plus de 30 000 tonnes par an et qui assure une grande part de la richesse de l’île.
A partir de 1850, commence une période d'abandon et de déclin, par manque d'entretien de nombreux marais sont de nouveaux envahis par l'océan, le nombre de sauniers décroît.
A l'aube des années 1990, la profession ayant presque disparue, les élus Rétais, mettent en place un projet de sauvegarde de la saliculture qui sera financé par l'Union Européenne. L'activité économique autour du sel reprend, de nouveaux Sauniers sont formés et avec l'engouement pour les produits du terroir, le XXIè siècle promet un meilleur avenir au sel.
Les travaux du marais salant.
Au printemps les marais salants ayant été immergés pour les protéger du gel, des vagues et des tempêtes de l'hiver, le Saunier doit vider l'eau de pluie, nettoyer les bassins des algues et de la vase accumulées pendant l'hiver dans les mètières, les tables courantes, les muants (cobier, fard et aderne à Guérande).
Équipé d'un rouable, outil pour nettoyer le fond des bassins, il apporte aussi des soins particuliers au champ de marais, ces bassins carrés équivalents des oeillets dans lesquels se produira la cristallisation; les tables, les muants, les aires saunantes et leurs nourrices doivent être parfaitement nivelés et compactés car la qualité du sel en dépend.

Les surfaces préparatoires du vasais à l'entrée du champ de marais évapore 90% de l'eau,
la cristallisation dans les tables salantes saturées occupe les 10% restants de l'évaporation.
Il doit aussi remodeler les diguettes (chemins séparant les bassins appelés ladures à Guérande) à l'aide d'une boguette outil en forme de pelle et rétablir petit à petit le circuit d'eau de mer, celle-ci arrivant du chenal suit une pente douce, passant du vasais première grande réserve où l'on débarasse la vase et les algues en suspension et qui alimente un ou plusieurs champs de marais ce qui permet de maintenir une réserve suffisante entre chaque grande marée et les métières.
Après tous ces travaux préparatoires la saunaison peut commencer de juin à septembre pendant les jours chauds de l'été, quand l'eau de mer saturée et emprisonnée dans le champ de marais se sera évaporée.

La récolte du gros sel marin rétais à l'aide du simoussi et du souvron.
Dans un marais irréprochable reflètant parfaitement l'ombre des saliculteurs, le Saunier, équipé d'un simoussi, outil muni d'un manche en frène de plusieurs mètres qu'il faut manier avec dextérité pour éviter de souiller le sel formé au fond de l'aire saunante, rassemble les cristaux au bord de l'aire saunante et la Saunière abritée sous sa quichenotte en toile blanche, munie d'un souvron, (une raclette à manche court percée de nombreux trous), remonte le sel sur la diguette en multiples tas coniques.
En fin de récolte, le sel déposé en petits tas au bord des bassins est acheminé vers le tasselier, sur les bosses, (surfaces de terres surélevées et cultivables au coeur des marais salants), autrefois les Sauniers cultivaient les bosses, de fèves et de céréales.
Le sel déposé se transforme peu à peu en monticule, appelé pilot (mulon à Guérande), autrefois, les femmes le transportaient dans des paniers en osier appelés bazennes, ces paniers pouvaient contenir une trentaine de kg, portés à l' épaule sur un pochon remplit d'herbes sèches, aujourd'hui c'est la brouette qui est utlisée.
En fin de saison, lorsque les orages et les intempéries ont interrompu la cristallisation, le marais salant est remis en sommeil jusqu'à l'année suivante.
Découverte
Il ne faut pas manquer les fortifications de St Martin-de-Ré, ancienne citadelle faisant partie des sites majeurs de Vauban et aujourd’hui classée au patrimoine mondial de l’Unesco, la réserve naturelle Lilleau des Niges et ses milliers d'oiseaux ainsi que le phare des baleines au nord-ouest de l'île, construit en 1854 et qui veut selon la légende, que 300 baleines se seraient échouées à l'époque romaine.

Le port de St-Martin-de-Ré avec au centre l'îlot du quartier Pierre-Lanier.
Situé à Loix en bordure de la baie du Fier d'Ars un écomusée ouvert en 1996, retrace l'histoire des marais salants rétais et les techniques d'exploitation du gros sel et de la fleur de sel, on peut également s'initier au maniement des outils du Saunier et découvrir la faune et la flore particulière des marais, statis, moutarde, salicorne, etc...
L'âne en culotte qui servait autrefois au transport de la récolte de sel vers la coopérative est un des symboles de l'île de Ré, pour protéger l'animal des insectes et des herbes piquantes des marais salants, la légende dit qu'une femme d'Ars eut l'idée un jour d'habiller son âne d'une vieille culotte, on peut encore en voir dans le parc boisé de la Barbette à St-Martin-de-Ré.
L'île de Ré est aussi celle des célébrités, de nombreuses stars du cinéma, de la littérature, de la politique où du show-biz la fréquente, Charles Aznavour y a immortalisé le bois de Trousse-Chemise dans une chanson devenue célèbre.