Nouvelles hivernales 2017

Un monde souterrain


Puits St Maximilien 1855-
Puits St Jean Baptiste 1869-
Puits Rosières/Varangéville 1858-

Chaque jour des hommes travaillent par 160m de fond dans la mine de sel de Varangéville, dans un gisement salifère du Trias de mille milliards de tonnes de réserve. La couche inférieure (sel de Muschelkalk) s'est déposée il y a 220 à 240 millions d'années, la couche superposée du Keuper inférieur datant de 100 à 135 millions d'années est exploitée. L'exploitation du gisement s'effectue par la méthode des chambres et piliers abandonnés avec une capacité de production : 550 000 t/an
Un monde méconnu avec ses codes et ses fiertés.

Pour creuser ces magnifiques galeries de 13 m de large sur 4,50 m de hauteur et qui misent bout à bout représentent + de 250 km de longueur, admirablement photographiées à  l'époque par  Eugène COLNAT que j'accompagnais pour l'éclairage, les mineurs disposent d'outillage impressionnant.


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 La haveuse ( tronçonneuse géante sur pneus ) elle  découpe le gisement sur 13 m de large 4.5 m de profondeur et sert principalement à la planéité des sols

 Trés bruyante  la chaine en rotation la rend encore plus impressionnante!

Haveuse 
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La foration (perceuse demesurée équipée d'un forêt de 4.5m de long et 4cm de diamètre)
Il sert à forer les 42 trous suivant un schéma précis  pour l'explosif

 Jumbo de foration

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L'abattage : la mise en place de l'explosif et le tir sont reservés à des mineurs boutefeux seuls habilités par l'ingénieur des mines à manipuler le nitrate fuel et les détonateurs.Chaque tir ou volée permet d'abattre 5 à 600 tonnes de sel.


------Au feu !!! hurlait le mineur avant l'explosion-----

Une anecdote : En 1973 Francine Buchi ex grand reporter à TF1 qui débutait à FR3 , tenta de filmer un tir de mine , l'équipe télé que j'assistais , mit en place une énorme caméra Bétamax sur trépied qui valait une fortune à l'époque , cette derniére ne survécut pas au tir et nous n'avons jamais eu d'image.
Le roulage : on se sent bien petit à côté de ce chargeur transporteur de 500 cv à conduite latérale qui embarque à chaque voyage 15 tonnes dans son godet et ce 140 fois par poste sur des distances de 150 à 1500 m.



Tous ces matériels sont demontés ou découpés à la surface avant de transiter par le puits St Jean Baptiste trop étroit pour les descendre en entier,  les pneus trop large sont aussi comprimés entre 2 mâchoires .
Toute cette flotte d'engins est reconstruite et entretenue à fond par des équipes de maintenance hautement qualifiées.   
db