Au fil du temps

Les Salins de Sfax et de Thyna

Situé à 270 km de Tunis, le Grand Sfax  deuxième agglomération tunisienne après Tunis représente 10 % de la population , formant un territoire de 220 km2, composé de 7 communes réparties autour de Sfax entre les banlieues de Sakiet Ezzit, Sakiet Eddaïer, El Aïn, Gremda, Chihia et Thyna l'ensemble comptait environ 500 000 habitants en 2004.

Les remparts et la grande mosquée de Sfax furent construits par Ahmad Ibn el-Eghlab sur l’ancienne ville romaine de Taparura.
A l’origine un Ribât, petite  forteresse protégeait les routes commerciales, elle deviendra au début du IXe siècle une  importante agglomération.


Le Ribât au IXème siècle (partie fortifiée la plus ancienne d'une ville) appelléee aujourd'hui une Médina.


De par sa position géographique privilégiée sur la Méditerranée, Sfax a de tous temps entretenu des relations privilégiées avec l’occident, plus particulièrement depuis l’aménagement de son port principal créé en 1905 qui s'ouvre sur prés de 40 pays des 5 continents.
Sfax est le premier port de commerce de Tunisie en terme de trafic et le second en terme de valeur.

On estime la quantité des produits exportés à deux millions de tonnes, ces produits viennent essentiellement du centre et du sud du pays : sel marin, huile d'olive, phosphates traités et divers autres produits.
On y importe trois millions de tonnes de marchandises : produits alimentaires, produits chimiques, matériaux de construction, céréales et équipements nécessaires au marché national.

Le port abrité des vents du large par les îles Kerkennah et protégé des vagues grâce aux grands fonds du golfe de Gabés,  ne bénéficie d'aucune jetée ou digue de protection .


Chargement en vrac de sel industriel au port de Sfax.

Créée en 1949, la Compagnie Générale des Salines de Tunisie (COTUSAL), filiale du Groupe Salins,  exploite le salin situé sur le littoral sud du Grand Sfax s’étendant sur 15 km, du port de commerce de Sfax jusqu’à Thyna.
Ce salin est divisé en deux parties par l’oued El Maou , celle du Nord appartient à la commune de Sfax avec 400 hectares de cristallisoirs et celle du Sud fait partie de la commune de Thyna sur 1100 hectares de marais salants.
Ces salins présentent des intérêts économiques et écologiques. En effet, la quantité produite de sel est d’environ 350000 tonnes par an, en plus de quelques milliers de tonnes de saumures spéciales .
Ils sont aussi classés  parmi les Zones Importantes pour la Conservation des Oiseaux (ZICO) , ces zones humides façonnées et protégées grâce à la saliculture, constituent un site qui accueille une faune et une flore exceptionnelle.


Le Salin en bleu s'étend sur 15 km entre Sfax et Thyna.

Les marchés traditionnels de ce Salin tournés, depuis sa création vers l'exportation, sont l'industrie agro-alimentaire, les grands marchés de salaison du nord de l'Europe et ceux de la viabilité hivernale (déneigement).
Ces marchés nécessitent des sels criblés de précision, une unité spécialisée de broyage-criblage installée au port de Sfax, permet de répondre aux demandes les plus spécifiques en matière de granulométrie.
Grâce à la climatologie favorable du Sud Tunisien, l'exploitation de Sfax produit également environ 30 000 t d'eaux de chlorure présentant un degré de pureté et de concentration optimal, essentiellement destinées à l'industrie sucrière européenne.



Couleur caractéristique du marais salant après concentration saline.


Les surfaces préparatoires sur lesquelles s'opère cette concentration occupent environ 90% de la surface totale et sont constituées de bassins séparés par des digues en argile de dimensions variables suivant la configuration du terrain.
Les cristallisoirs, surfaces sur lesquelles sera récolté le sel, sont des bassins de plus petite taille délimités par des digues en terre dont les parois intérieures sont protégées par des planches ou par des revêtements spécifiques pour éviter les dégradations qui souilleraient le sel.


Vue d'une camelle en cours d'élévation au Salin de Sfax.


La surface des cristallisoirs est nivelé pour être la plus plate possible et faciliter au maximum la récolte des 2/3 tiers de la couche sur 1/3 de contre-sel restant, cette technique évite la détérioration des tables salantes en laissant une part du gâteau et assure une plus grande propreté du sel récolté.

La récolte s'effectue grâce à de puissants engins mécaniques conçus et mis au point par les Saliniers, ramassant et chargeant le sel à la cadence de plusieurs milliers de tonnes par jour.
Le sel ainsi récolté est brut de fabrication, il doit donc subir un traitement pour éliminer les corps insolubles (sable, argile, etc) dans un atelier de lavage pour être transformé en sel de qualité bien définie.


Le roulage du sel au début et à la fin du XX ème siècle. 


Afin que les normes internationales, ou spécifiques, imposées par la clientèle soient respectées, le Salin de Sfax s'est doté d'un laboratoire de contrôle capable de répondre avec précision aux analyses demandées.
L'atelier de conditionnement est équipé de machines permettant un marché adapté aux besoins de la clientèle, il traite environ 10 000 t par an,  et propose différents emballages, du sachet polyéthylène de 1 kg au big-bag de 1 tonne.

Toutes les gammes y sont représentées, pour le marché local , avec notamment les marques «le Flamant et le Dauphin» et pour l'exportation.
Les sels de table fins séchés, iodés, fleur de sel, rosette de sel.... Les sels agro-alimentaires pour la conserverie, salaison, boulangerie, fromagerie.
Les sels industriels pour la pharmacopée, détergents, adoucisseurs, tannerie, etc...

Une partie de la gamme des sels conditionnés.


Collection : Le salinier