Mines et salines de Lorraine

Les Salins d'Aigues-Mortes

L'or blanc des Salins de Peccais

Durant des siècles les alluvions du Rhône vont créer la Camargue avec la situation que nous lui connaissons aujourd'hui depuis le XIIéme siècle .

Le premier cordon littoral connu était situé prés de la Tour Carbonnière, le sol sur lequel est bâti la ville d'Aigues-Mortes à 3 km au sud était donc recouvert par la mer.
Au Vème siècle le sel marin se cultive et se récolte par des moines bénédictins dans les salins de Peccius , le plus ancien salin de la Méditerranée remontant à l'emprise romaine.
En effet un Commerçant romain " Peccius ", produisait et commercialisait via le Rhône , le sel  de l'endroit pour la conservation du poisson vers l'Europe du nord , donnant ainsi son nom au salin de Peccais depuis l'antiquité.
L'origine d'Aigues-Mortes qui signifie eaux mortes ,  n'était qu'un petit hameau au milieu des marécages au VIIIème siècle,  appartenant à l’abbaye de Psalmody.


L'enclos de Peccais au XIIIème siècle et aujourd'hui.


En 1248 , avant son départ pour la septième croisade le Roi de France Louis IX  obtient des moines de Psalmody la cession au profit de l'état , des territoires d'Aigues-Mortes , les moines construiront pour leur compte le salin de l'Abbé .
Selon la volonté de Louis IX désireux de donner au royaume un port sur la Méditerranée , il décidera en 1266 la construction d'une enceinte fortifiée pour ce point de départ des croisades car seule la " Grosse Tour Fortifiée " appelée seulement au XVème siècle Tour de Constance , protège le port et la flotte des croisés qui compte plus de six cents bâtiments.


En 1250 , de la ville et de ses remparts on ne trouve que la Grosse Tour Fortifiée.

Mort de la peste en 1270 et canonisé " Saint Louis " en 1297 , Louis IX ne connaitra pas la réalisation de son projet qui débutera en 1272 par son fils Philippe le Hardy et ne sera achevé qu'au début du XIVème siècle par son petit fils Philippe le Bel.


La ville ne prendra sa forme de quadrilatère fortifié qu'à partir de 1289.


En 1284 , les Seigneurs d'Uzès propriétaires des salins de Peccais rédigent une convention avec le salin de l'Abbé propriété du clergé, établissant des régles communes pour la concurrence et l'exploitation des salins .

En 1546 , un nouveau salin en bordure des Peccais est construit par les Chevaliers de St Jean dans un étang dépendant de leur domaine " l'ile de Stell " il s'appellera le salin de St Jean .
En 1716 , 20 petits salins sont exploités , ils appartiennent à divers propriétaires plus ou moins inféodés qui décident de former une société gérée par un syndic , à l’exception  des salins de l'Evêque d'Alais dits "de l’Abbé "et du Grand Prieur de St Gilles dits " de Saint-Jean " .
La totalité restante des salins de Peccais sera exploitée en commun afin d’en partager au-mieux les revenus , cette marchandise étant trés convoitée par les fraudeurs et le Roi lui-même par l'impôt de gabelle.

Devenus propriété nationale à la révolution , les salins de Peccais furent restitués à leurs propriétaires respectifs jusqu'en 1840 , mais après les inondations récurrentes du Rhône , en 1842 , ils vont s'associer à un négociant de Montpellier qui vient  d'acquérir de l'église les salins de l'Abbé et de Saint Jean .  L'association va fonder une société dénommée " Compagnie des Salins du Midi " .


Un des premiers titres d'action de la Compagnie


A partir de 1856 , la Compagnie va s'assurer le contrôle et la propriété de tous les salins de Méditerranée. En 1950 , elle absorbe la Société des Salines de Djibouti , Sfax et Madagascar , devenant la Compagnie des Salins du Midi et des Salines de Djibouti.
Elle fusionne avec les Sociétés salinières de l'Est devenant C.S.M.E en 1969 et devient propriétaire du grand Salin de Giraud cédé par la Société Salinière de Camargue en 1971.
La Compagnie des Salins du Midi et des Salines de l'Est est la composante française du Groupe SALINS.

La culture du sel , l'or blanc des Salins d'Aigues-Mortes.


L'installation de transformation du sel de mer  d'Aigues-Mortes est l'une des plus modernes du monde , elle produit chaque année 300 000 tonnes de sel sur 10 000 hectares , permettant de couvrir plus du tiers des besoins du marché français en alimentation humaine et animale.


Collection : Le Salinier.