Au fil du temps

La Mine de sel gemme de Cacica en Roumanie

La région de Bucovine noyau originel de la Moldavie a connu une histoire mouvementée au cours des siècles, la Bucovine est aujourd'hui découpée en deux parties:




- La Bucovine du nord, nommée Oblast de Tchernivtsi, qui appartient à l'Ukraine.

- La Bucovine du Sud, formant le Comté de Suceava, qui appartient à la Roumanie.

Le village de Cacica (Kaczyka en polonais) niché  dans une vallée du comté de Suceava va connaitre un important développement après la découverte d'un gisement de sel gemme vers 1780.
Chassée par la domination autrichienne de 1775, une colonie polonaise de confession catholique va creuser à partir de 1779 la mine de sel unique en son genre, les galeries étant ouvertes aux marteaux et aux burins par l'effort physique des mineurs sans aucune aide de machines, s'étendent sur plus de 60 km.

La mine comprend une fosse de production et deux puits pour le renouvellement de l'air.
Deux galeries à trois niveaux ont été construites par la suite.
On reconnait sur le blason de la ville, les outils de saulniers et le cube de sel  rappelant l'activité du lieu.


Cacica en Bucovine (prononcer Cachiska)


Au milieu du village une imposante église se dresse dans le ciel rappelant l’existence de cette communauté polonaise de confession catholique  intimement liée à la mine de sel qui pourtant se trouve en terre de religion orthodoxe.
L'église en briques rouges fut construite en 1904, Elle fait directement face à l’entrée de la mine.


L'église et le puits de Salina Cacica.

L’entrée dans la mine de sel est plutôt discrète: après avoir descendu quelques marches en bois, le visiteur aperçoit une sculpture impressionnante, un Christ sur la croix.
La tradition minière et l’absence d’une église catholique avant 1904 dans la localité poussa le prêtre polonais Jakub Bogdanowicz à insister qu’une chapelle soit construite par les mineurs qui y priaient avant et après les heures de travail.

Située à 25 mètres de profondeur, on y accède à partir d'un escalier en pin de plus de 200 ans comprenant 192 marches, la chapelle de 25 m de longueur, 9 de largeur et 7 de hauteur est toujours un lieu de culte consacré à Sainte Varvara patronne des mineurs en roumain, avec autel, chaire et estrade sculptés dans le gisement de sel.


La chapelle souterraine.


Lors de la fête de la Sainte Patronne, célébrée chaque année le 4 décembre, un service religieux a lieu sous  terre avec trois prêtres - un orthodoxe roumain, un catholique et un grec-orthodoxe, suivi d’un spectacle de musique et de danses traditionnelles joué par les enfants de Cacica.
Une chapelle orthodoxe crée par de jeunes sculpteurs locaux se trouve un peu plus bas, à 35 m de profondeur.
A cet endroit, la galerie est plus large et les parois sont décorées de bas-reliefs aux sujets religieux. La vie s'organisait au fond de la mine et, le dimanche les mineurs ne remontaient pas à la surface.
Ce sont les conjoints et les enfants qui descendaient au fond, pour se réunir dans la salle Ingénieur Agripa Popescu (en hommage au premier directeur général).

Tous se retrouvaient sur la galerie surplombant la salle de bal occupée par les danseurs, c’était le lieu de convivialité le plus fréquenté de la région, où les bals, les réunions de fêtes et les spectacles se succédaient, pour des moments de bonheur.
Et encore plus bas, on nageait dans les eaux d'un lac salé artificiel protégé par des garde-fous et éclairé par des projecteurs.


La salle de bal et le lac salé.

Jusqu'en 1957 cette saumure était récupérée dans des tonneaux en bois pour son transport puis évaporée dans des poëles circulaires et rectangulaires pour la fabrication du sel de table.

Le sel a ensuite été exploité en utilisant une méthode de gradation à palpeurs jusqu'en 1992.
Aujourd'hui la mine exploitée par la Salticon Ltd  avec un vingtaine de mineurs est complètement modernisée, ce qui permet d'augmenter la production (10 000 t en 2004) ainsi qu'une meilleure qualité.



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