Mines et Salines de Lorraine

La Flore des lieux salés

Cette Flore  Halophyte  est adaptée aux milieux salés ou par extension aux milieux à pression osmotique importante.
La pression osmotique, se définit comme la pression minimum qu’il faut exercer pour empêcher le passage d’un solvant d’une solution plus concentrée à une solution moins concentrée au travers d’une membrane semiperméable.
Sur les bords des étangs ou  mares salés poussent les salicornes, les soudes, l’obione et les saladelles qui constituent un paysage bien particulier : ce sont des halophiles (halo : sel, phile : ami de).

Elles ont cependant des difficultés à pomper l’eau qui spontanément s’échappe au niveau des racines
(attirance par le sel). Le milieu salé ressemble à un désert sans eau à boire. Dès qu’il pleut, elles en profitent pour absorber l’eau douce et en gorgent leurs tissus pour faire des réserves. C’est pourquoi leur aspect est celui de plantes grasses. Pour faciliter l’absorption, elles pompent aussi un peu de sel, afin de rapprocher la salinité interne de celle du milieu extérieur. D’où leur goût salé. Mais le sel en excès doit être excrété car il devient toxique.

Suivant ce schéma nous trouvons le positionnement de ces plantes au bord des étangs ou mares salées en fonction de la topographie du terrain.





Le genre Salicornia, les salicornes, regroupe une trentaine d'espèces de plantes halophiles appartenant à la famille des Chénopodiaceae.

Pour évacuer le sel en excès, les salicornes le stockent dans les parties les plus âgées qui tomberont par la suite. La Salicorne glauque investit les zones les plus salées (remontée de sel au niveau des buttes), alors que la Salicorne radicante, plus exigeante en eau, préfère les endroits moins gorgés de sel (creux vaseux). Quant à la Salicorne en buisson, elle occupe une position intermédiaire.

Présente sur les bords de l'Atlantique, de la Méditerranée mais  aussi en Lorraine autour des mares salés. Ses pousses tendres sont comestibles. Confites dans du vinaigre, elles sont consommées comme hors d'œuvre, ou dans les salades. On peut aussi les préparer comme des haricots verts.

Salicorne en buisson


Plante d’un vert franc elle prend à l’automne une magnifique couleur rosée.
Sous-arbrisseau buissonnant, d’une hauteur de 30 à 100 centimètres de hauteur.
Tige dressée, rigide, glauque, non radicante.
Extrémité des articles stériles terminée par des bractées scarieuses, obtuses, appliquées. Fleurs hermaphrodites groupées par 3, les 2 latérales non soudées à la médiane.

Les méridionaux ont conservé à cette plante un usage culinaire : les pousses charnues peuvent être confites dans le vinaigre.
Pendant la première guerre mondiale, les parisiens avaient baptisé la salicorne "haricot de mer" et ils la cuisinaient comme des haricots verts.
La salicorne est riche en vitamine C, en sels minéraux (dont bien sur NaCl) et en oligo-éléments.

Salicorne radicante



Elle couvre une surface d'un mètre de diamètre, c'est elle qui se trouve au bord des étangs et prend une coloration rouge vineux en automne.
Une autre salicorne a cette coloration, c'est la salicorne herbacée, plante annuelle, qui rougit également en automne. Pour germer, les graines doivent faire un séjour hivernal dans les vases salées. Pour éliminer le sel, certaines plantes le stockent dans les parties les plus agées qui doivent tomber, chez les salicornes, le bras des tiges se desquame.

Salicorne glauque


Salicorne glauque, également appelée salicorne à gros épis (Arthrocnemum macrostachyum, synonyme Arthrocnemum glaucum.
Sous-arbrisseau de 30 cm. à 1 mètre, glauque puis d'un vert jaunâtre, à tiges ligneuses, dressées ou décombantes, formant des buissons irréguliers ; articles généralement aussi larges que longs ; epis larges de
4-7 mm., longs, obtus, naissant sur les rameaux basilaires des vieilles tiges primaires ; glomérules à fleurs à peine connées dans une cavité superficielle, saillantes et débordant les bractées, laissant dans l'axe une logette simple ; périanthe en pyramide obtuse ; graine tuberculeuse.

Obione


C'est une plante diffuse de 20 à 50 cm de haut, un peu ligneuse à la base, à tiges couchées terminées par des rameaux dressés. Les feuilles opposées sont entières, oblongues, à surface farineuse. Leur pétiole est bien marqué et le limbe n'a qu'une seule nervure. L'Obione est entièrement d'un gris argenté caractéristique. La floraison a lieu de juillet à octobre. Les fleurs sont très discrètes. De couleur jaunâtre, elles sont groupées en épis grêles rassemblés en petites panicules sans feuilles au sommet des rameaux. Le fruit, issu du calice, est de forme triangulaire. Les graines sont rousses.
L’obione (faux pourpier) et la soude maritime préfèrent les terrains salés, mais surtout riche en azote. Les bourrelets coquilliers qui bordent les étangs sont leur domaine.
Synonymes : Halimione Atripex.

Soude maritime

Cette plante riche en ions sodium ou potassium était utilisé autrefois pour produire la soude servant à la fabrication des savons.
Plante herbacée annuelle, gynodioïque, glabre, vert pâle ou rougeâtre (10-50 cm).
Tiges dressées ou étalées-diffuses, souvent dures dans le bas.
Feuilles alternes, sessiles, à limbe linéaire, demi-cylindrique, plan en dessus, élargi à la base, subobtus ou aigu à l’apex.
Inflorescence : épi de cymes triflores ; fleurs accompagnées de 2 ou 3 bractéoles ; périanthe accrescent à 5 divisions ; 5 étamines.
Fruit : akène (sec).
Soude en buisson


Suèda véra (soude buisson) est un buisson ligneux vivace halophile. Son feuillage dense est constitué de courtes feuilles charnues d'un vert glauque.
Il est toujours vert, très ramifié, très feuillé. Ses feuilles, vert glauque, linéaires, rapprochées, obtuses, sont presque cylindriques et mesurent de 5 à 6 mm de long.
Les fleurs de Suèda véra, petites (1 mm) et verdâtres, sont disposées en glomérules de 1 à 3 fleurs, à la base des feuilles du sommet. Les feuilles florales dépassent les glomérules.
Autrefois, la Soude buisson était incinérée pour la fabrication des savons.

Saladelle


On donne le nom populaire de lavandes de mer aux statices, ou saladelles, plantes du genre Limonium,
Le nom saladelle vient du languedocien "salé". Sur la côte Atlantique, on l'appelle statice, famille des plombaginacées (Plumbaginaceae) .
Très commune dans les vases sablonneuses du littoral et bien connue de tous, elle fleurit à la période des vendanges et nous annonce l'automne. C'est une plante vivace de 20 à 40 cm de haut, très robuste. Les feuilles sont grandes (5 à 20 cm), coriaces, vertes sur les deux faces.
La face inférieure perspire un exsudat salé, ce qui constitue un moyen de lutter contre le sel du sol. Les fleurs lilas, au calice tubuleux, sont groupées en glomérules au sommet de longs pédoncules.
Leurs fleurs ont des coloris allant du rose au violet. Elles peuvent parfois recouvrir des champs entiers, d'où leur comparaison avec la lavande.
Les gardians ont fait de la saladelle une plante sacrée qu'ils attachent à leur selle.

db/2010