Nouvelles hivernales 2017

Du sel au haras

Entre Nancy et Lunéville, à quelques lieues de Saint-Nicolas-de-Port, le bourg de Rosières-aux-Salines  connu pour son haras, créé en 1768 ,  installé , en place de l'ancienne Saline Ducale dans un splendide domaine arboré de 12 hectares, le Haras National de Rosières aux Salines est un site incontournable pour tous les amateurs de chevaux et de sports hippiques.

L'origine du nom de Rosières aux Salines "Rozières"  viendrait de la présence de roseaux à cet endroit autrefois marécageux.Village fortifié au moyen âge on entrait par 2 portes , l'une d'elle le Beffroi datant de 1720 existe encore sous l'appellation "Ban-Ban" , l'autre  la Tour trop vétuste ayant été démolie.

 La Tour - Dessin Madette ROMAC d'aprés gravure d'Israël SILVESTRE

En 1760 , le Duc Stanislas donne commission à l'intendant de Lorraine Marquis de la Galaizière pour l'exécution de l'arrêt supprimant la saline de Rozières.

En effet une Saline Ducale existait à Rozières depuis le XIe siècle ( Une route du sel est connue depuis 1073) ;c'est d'ailleurs la plus ancienne des vallées Meurthe et Sânon appartenant d'abord à la famille de Lenoncourt, elle fut vendue au XIIIe siècle aux ducs de Lorraine à qui elle procura d'importants revenus. Son site, séparé de la ville et entouré d'un petit cours d'eau, était défendu par des remparts et comprenait un château fortifié. Le sel était alors "l'or blanc" de l'Ancien Régime... Mais l'exploitation de la saline cessa au XVIIIe siècle vers 1760, par manque de bois et aussi de rentabilité .

De ces 6 siècles d'histoire, malheureusement beaucoup de traces sont disparues , il reste cependant un vestige de la Saline Ducale. Une porte érigée en 1550 qui sépare le manége de la cours d'honneur du haras.


On aperçoit la porte au fond séparant les 2 bâtiments


Fabrication du sel en 1660
Cette saline exploitait des sources salées naturelles, isolées dans des puits , ou un système de pompage à valves remontait la saumure à la surface afin de la traiter dans des baissoirs , l'évaporer dans des poêles et la stocker dans des magasins.

En avril 1600, l’architecte Scamozzi s’arrête à la saline de Rozières (Lorraine). "Il y a ici une saline de sel blanc, laquelle s’exploite par la force de l’eau salée... Pour la pomper, ils ont une roue qui actionne une chaîne avec des valves(clapets anti-retour).
Elle gagne ensuite une grande citerne en bois de chêne ( baissoir) et, de là, des chaudières en fer et cuivre (poêles), longues de 30 pieds et large de 20 la font bouillir (pour obtenir) un très beau sel , blanc et menu . Il est si dur qu’on ne peut le tailler qu’avec des pics de fer".


Représentation d'une chaîne à valves vers 1738.


L'évaporation de l'eau de saumure dans la poêle s'appelait "une cuite" :durée d'une cuite de sel à Rosières en janvier 1737 , environ 48h .
Le temps d'une période de cuites (Début du chauffage des poêles jusqu'a l'arrêt) s'appelait "une abattue"
qui pouvait compter jusqu'à 18 cuites (De nos jours, on appelle cette période une "campagne de sel ").
Au terme d'une abattue la chaudière était nettoyée de son schlott ( pellicule de sulfate de calcium déposée sur les parois) à l'aide d'une massette et d'un pic , une bonne poêle résistait à 30 abattues.

Le salinage, récolte du sel dans la poêle se faisait au moyen de râbles (grande raclette en bois)que l'on faisait sécher en talus (petits tas)sur la manteau de la poêle .

Le stockage s'effectuait avec des tendelins à dos sous la présence du contrôleur des bancs (boites à sel en bois servant aussi de siège) ,un banc contenait 1 tendelin ou 2 vaxels (Ustensile pour mesurer le sel ~18kg)

Beaucoup de ces termes techniques ne sont plus utilisés de nos jours.