Mines et Salines de Lorraine

Trois anciennes salines de la vallée du Sânon

Origine : Après la mort de Stanislas, Elisabeth Durival regroupa à Sommerviller ce qui restait de la cour du Roi de Pologne, elle était appelée par le Chevalier de Boufflers "la sublime fée de Sommerviller", d'où l'étoile en chef sur fond d'azur.
La jumelle mise en fasce se trouve dans les armes de la famille Malclerc, Seigneur du lieu aux XVI° et XVII° siècles.
Enfin le soc de charrue évoque la mémoire de Félix Noël agronome de renom, Maire de la commune pendant 34 ans.
Ce blason est utilisé par la commune depuis novembre 1977.

Héraldique blason : d'azur à la jumelle d'argent mise en fasce accompagnée d'une étoile d'or en chef et d'un soc de charrue contourné d'or en pointe.

Saline de Sommerviller 1857 - 1960


 

La Société des salines de Sommerviller est fondée en 1857 par Pierre-Marie Mouet avec un capital de 1 200 000 F, 4 concessions lui seront accordées sur les territoires de Sommerviller, Crévic, Drouville et Flainval en 1858, 1881, et 1886 pour une superficie de 1101 ha.
La saline construite au bord du canal comprenait de nombreux bâtiments, six travées de poêles, magasins salorges, bâtiments de régie, d'habitation et de direction, ses 6 imposantes cheminées lui donnaient une certaine importance, elle comptait une centaine de Salineurs pour son bon fonctionnement.
Commercialisé sous l'appellation " les Sels à la Mouette " dérivé du nom de son Patron, la saline obtint de nombreuses médailles d'or aux différentes expositions de Paris 1867, Le Havre 1868,  Paris 1878, Anvers 1885, Paris 1889 et 1900.
Mr Mouet, son dirigeant deviendra un des principaux organisateurs des futurs comptoirs de vente des sels en France avec Mr Daguin, il va moderniser l'outil de travail rendant les tâches moins pénibles, la formation du sel et son extraction des poêles restant manuelle, sa manutention sera mécanisée par des tapis-roulants,  tapis monte-charges, ascenseurs à wagonnets vers les salorges, ainsi qu'un pont roulant construit en 1920 qui servira aussi au déchargement du schlamm pour le chauffage des poêles.


Pont roulant à charbon de Sommerviller vers 1920.

L'Entreprise possédait aussi un bateau appelé " la Mouette " pour expédier son sel  vers la gare de Varangéville.
Malgré une mécanisation du chauffage des poêles en 1957, le début des années 1960 vont annoncer la fin de la saline après plus de cent ans d'activités, suite au projet de regroupement par la Société Salinière de l'Est des salines de Meurthe et Moselle. 
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Le village bâti à l’époque gallo-romaine s’appellera successivement CRESSENVISCUS, CREVIACUS, CREVY. Au XIIIème Siècle un premier écrit du Duc de Lorraine, Ferry II,  reconnaît l'appelation de Crévic.
La construction d'une saline augmentera sensiblement la population de 800 habitants en 1870 à plus de 1000 hab en 1886.
Le blason reprend  les armes de François Fériet, seigneur de Crévic au XVII° siècle.


Héraldique blason : D'or à la croix de sable chargée au franc-canton de gueules chargé d'une tour d'argent.


Saline de Crévic 1872 - 1934

La Société des salines de Crévic fondée en 1872 par Mr Durnesse obtient une concession de 419 ha en 1873 sur la commune de Crévic à proximité de l'actuelle route D2 où un sondage sera foré. 
La saline construite sur le territoire de Sommerviller prendra l'appelation de " Jeannette " prénom d'une fille de Mr Détrie, Directeur et neveu de Mr Durnesse, son emplacement séparé par le canal de la Marne au Rhin se trouve presque en vis à vis de la saline de Sommerviller.

La saline composée de 4 travées de poêles de 12 m sur 14 pour le sel 24 h humide et de 2 poêles de 14 m sur 10 pour le 48h fonctionnait avec une vingtaine de Salineurs qui complétaient leurs tâches par des travaux agricoles lorsqu'il n'y avait pas de demande en sel. Au début du XXè siècle elle produisait environ 4000 t/ an de sel cristallisé. 

La saline ne fut jamais électrifiée, on s'éclairait à la lampe à carbure et toutes les tâches se faisaient à la main. Le métier était pénible surtout la manutention du sel ou du schlamm (charbon) de chauffe, le chargement  d'une péniche de gros sel en sac jute de 50 kg ou déchargement  du schlamm à la pelle durait plusieurs jours.  les arrimeurs avaient droit à une topette de vin à midi et une bouteille de bière l'après-midi comme prime à l'effort.



Les restes de " la Jeannette " en 2011.

Cette petite saline par manque de modernisation fut vendue à la saline d'Einville en 1934, sa démolition est ordonnée en 1967, il reste malgré tout aujourd'hui quelques vestiges du bâtiment d'évaporation.

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Maixe

La plus ancienne appellation de Maixe (La commune portait alors le nom de Marches) se trouve dans la charte de l'abbaye de Beaupré en 1130, où un Carolus de Marches y figure, le village apparaît ensuite sous les orthographes de Maxiae, puis Maixe.

L'industrie du sel permit le développement de Maixe avec l'installation d'une saline.



Héraldique blason : D'azur à la patte de lion arrachée d'or posée en fasce, au chef d'argent chargé de trois molettes d'éperon de dix rais de gueules.

Saline de Maixe 1881 - 1966



Deux concessions d'une surface de 568 ha sont attribuées à la Société des salines de Maixe en 1881et en 1882, 3 sondages seront forés et abrités par des chevalements briquetés, contrairement aux usages de l'époque qui les construisaient en bois, ils alimentaient 4 bassins de décantation de 100 m3.

La saline de Maixe est construite en 1881 à la limite des territoires de Maixe et Crévic (lieu dit " les Blanches Terres " ) par l'Entreprise Bichaton de Nancy. La Société au capital de 900 000 F comprend une trentaine d'actionnaires dont l'Administrateur délégué Mr Lapointe embauchera comme premier Directeur Mr Ferry avec une trentaine de Salineurs.

La saline va fonctionner avec 6 poêles pour le gros sel, mais les fondateurs avaient surtout en vue l'exploitation des brevets Piccard employés aux salines de Bex dès 1867 pour le salinage des sels raffinés par thermo-compression, à l'aide de l'appareil baptisé du nom de son inventeur Antoine-Paul Piccard (1844-1929, alors directeur de la papeterie de Bex).

Ce système qui fonctionne en circuit fermé, perfectionné au fil du temps, est encore utilisé aujourd'hui dans le monde entier,  fonctionnant selon le même principe que les pompes à chaleur.
La saumure évaporée dans l'appareil par de la vapeur vive comprimée dégage par ébullition une nouvelle vapeur récupérée qui lui sert à nouveau de chauffage,  la bouillie de sel étant reprise en continue dans une essoreuse Weibel délivrant un produit prêt à  consommer.

Cette nouvelle technique a permis des économies d'énergie importantes, de l'ordre de plus de 50% par rapport à la méthode traditionnelle par poêles rondes,  elle minimise aussi les coûts de main d'oeuvre, l'extraction du sel se faisant mécaniquement nécessite moins de personnel.
Un autre avantage considérable du procédé, l'épuration complète des eaux salées permet d'obtenir du sel débarrassé des chlorures de magnésium et sulfates de chaux, qui demeuraient dans les cristaux formés en poêles.


L'appareil à sel Piccard du nom de son inventeur.


En 1885, l'appareil produit 4000 t/an de sel raffiné pour un prix de revient très compétitif, le sel finfin d'ébullition  sera primé en 1889, on atteint 7000 t/an en 1910 mais dès 1930 les ventes s'écroulent, on ne fonctionne plus qu'à 2 poêles.
Vers 1950 après modernisation la production reprend à 10 000 t/an, mais le regroupement des salines menace à nouveau son existence.
En 1963, une vingtaine de Saliniers travaillent toujours à la saline qui fusionnera avec la Société Salinière de l'Est, elle cessera toute activité en 1966, ses bâtiments et sa cheminée seront démolis dans les années 1970, il ne restera plus à cet endroit que des maisons particulières très bien rénovées

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