AG 2012 de l'Amicale des Anciens des Salins (( clic ))

Les anciennes salines rive droite de la Meurthe depuis Varangéville


Varangéville

En 770 Varangéville est désigné Warangesi Villa , faisant partie depuis le Haut Moyen Âge du temporel de l'Abbaye de Gorze fondée au VIIIe siècle dans le Pays Messin.  Le blason communal reprend donc celui de Gorze, s'en différenciant par un champ de gueules au lieu d’azur.
Héraldique blason : De gueules à un Saint Gorgon à cheval armé de pied en cap et terrassé d'or.

Surnommée " la Cité du Sel ", Les Salins du Midi exploitent toujours à Varangéville une importante saline d'une capacité annuelle de 625 000 tonnes de sel raffiné ignigène, ainsi qu'une mine de sel gemme dont la capacité annuelle d'extraction est de 550 000 tonnes.


Elle prendra l'appellation de saline Maugras et mine R-V.


Le 7 juin 1845, une Société civile qui avait effectué un sondage à Varangéville, obtint une concession de 848 hectares, qui prit le nom de Rosières-aux-Salines bien que située sur le territoire de Varangéville.
Une autorisation pour une mine est également accordée en 1849, elle deviendra Société des Mines et Salines de Rosières-Varangéville.
Cette société sera dirigée par une assemblée d'Actionnaires dont un Administrateur Mr Maugras en deviendra Directeur en 1868.
A partir de 1872 le puits de mine est foncé puis revêtu d'un cuvelage en bois, il entrera en service en 1887, il traverse une épaisseur de 125m de terrains calcaire et argilo-gypseux du Keuper lorrain renfermant 11 couches de sel, c'est à la base de cette dernière couche que l'on va tracer les galeries pour la production, en 1900, 14 km seront déjà ouverts à la poudre noire et au pic sur 2 niveaux.

L'exploitation par piliers abandonnés de 10m sur 10m se fait par galeries de 10m de large sur 4,5m de hauteur, le gisement foudroyé sur 2m de hauteur, sert de gradins pour abattre la partie supérieure restante que l'on termine au pic en forme de redans pour réduire la poussée par arc-boutement entre les parements. Malgré un travail très physique, la production de sel gemme en 1888 est de 30 000 t, en grande majorité pour la soudière de Dombasle.

L'usine associant aussi une saline par pompage d'eaux salées à partir de 2 sondages situés au "Rouault" et au "Trou des Loups" à Dombasle va produire dans ses grandes poêles de 250 m2 le fameux sel écaillé dont les cristaux sont agglomérés en trémies (ou pyramides creuses).


Le sel écaillé en trémies.

La particularité de ce sel réside en une cuite de plus de 8 jours à 50°C sans aucune agitation à la surface de la poêle, les manteaux restants fermés durant cette période ne sont ouverts que pour le salinage à la pelle écumoire.Ce sel, un peu comme un vin est le grand cru de la saline.

On fabrique aussi le sel à la minute par ébullition de la saumure à 108°C et par spatulage. Le Saulnier frappe l'eau salée tangenciellement avec son râble et projette une nappe de saumure qui retombe en pluie dans la poêle, aussitôt précipitée la bouillie est recueillie puis mise à égoutter et à sécher. Les cristaux ainsi formés ne sont qu'une poudre cristalline après séchage que l'on appelle aussi sel finfin d'ébullition.

Ce procédé sera remplacé plus tard par des agitateurs à palettes tournant dans le fond des poêles rondes provoquant un mouvement giratoire qui lors de la formation de la bouillie de sel, l'envoie à l'extérieur dans un bac d'égouttage.         
En 1891, la saline Maugras accueillera la Soudière de la Meurthe sur son emplacement, une grande partie de sa saumure servira à fabriquer la soude, en 1912 un arrêté interdira l'injection d'eau douce dans les 2 sondages principaux et en 1923 elle intégrera la Société St Gobain.

La production totale de la saline Maugras atteindra environ 6 millions de quintaux de sel cristallisé jusqu'en 1900 avec une moyenne de 60kg par m2 de poêle. Une fermeture progressive des installations dans les années 1960 suite au projet de centralisation des salines de Lorraine entrainera son arrêt en 1965 puis la destruction des bâtiments de surface, le puits de mine et son carreau étant conservé comme puits de secours pour la mine St Nicolas à Varangéville.

Saline St Nicolas de Varangéville.


En 1855, une concession de 769 ha est accordée à la Société Daguin et Cie pour l'exploitation de sondages à Varangéville, Lenoncourt, Haraucourt, suivront 2 autorisations pour le fonçage de 2 puits de sel gemme solide, d'abord le puits de secours et d'aérage St Maximilien fin 1855 puis le puits principal St Jean Baptiste à l'été 1856.
Les 2 puits situés en bordure du canal de la Marne au Rhin traversent une première couche de gemme à moins 80 m avant d'atteindre le gisement principal à moins 160 m. L'exploitation identique par piliers abandonnés, diffère de la mine R-V pour l'abattage du gisement, en effet on utilise l'eau douce pour creuser trois entailles verticales au centre et sur les 2 côtés du front de taille, et on achève la taille par foudroiement à la poudre. 
Très séduisant au premier abord cette méthode à l'eau, en raison de la nature du sol s'infiltrait sous les piliers les rendant incapables de supporter la pression des couches supérieures.

Le 3 novembre 1873 c'est la catastrophe, les piliers s'enfoncent dans le sol détrempé et en quelques secondes, le plafond représentant un carré de 300 m sur 300 m s'effondre occasionnant une cavité en surface de 3,50 m de profondeur sur 9 ha environ, ressenti dans un rayon de plus de 15 km.
A fond l'apparition des premières fissures avait fait s'éloigner les Mineurs du front de taille, il n'y avait aucun personnel sur les lieux.
En surface le déplacement d'air dû à l'effondrement provoqua des répercussions graves dans l'enceinte de la  saline, la chute d'une cheminée va tuer deux Saliniers et le renversement des poêles brûlera gravement 17 Saulniers.
Cette méthode à l'eau sera  interdite et la méthode sèche toujours utilisée aujourd'hui n'a plus posé de problèmes, la solidité des piliers abandonnés semble parée à toute épreuve lors des contrôles réglementaires de déformation.

En 1900, on extrayait du fond, 60 000 t de sel gemme à partir de 25 km de galeries déjà tracées représentant un cube de 1,5 millions de m3, la capacité d'extraction aujourd'hui est de 550 000 t/an avec 300 km de galeries ouvertes.
Pour la partie jour en 1900  la surface des poêles représentaient au total 5 000 m2 d'évaporation pouvant produire 45 000 t de sel raffiné de toutes sortes. Cette saline va être appelée "la Grande Saline de Varangéville" modernisée à partir des années 1965 sa capacité de production sera portée à 180 000t/an, puis à 550 000t en 1973 et à 625 000t en 1996 jusqu'à nos jours.
  
Un document de 770 cite le lieu sous le nom d’Arcas. Le village d’Art sur Meurthe, situé sur la rive droite de la Meurthe, il doit son nom à un pont, d’où l’appellation d’Arcas (Arche) que l’on donna d’abord à la localité. Pendant des siècles, ce fut le seul endroit où existait un pont sur la Meurthe entre Port et Essey.
Le blason adopté par la commune en 1972 rappelle les armes des ducs de Lorraine qui ont possédé Art-sur-Meurthe et Bosserville. La bande n'est plus chargée d'alérions mais elle est ondée pour figurer la Meurthe qui longe la commune.

Héraldique blason : D'or à la bande ondée de gueules accompagnée en chef d'une anille, ou fer de moulin de sable et en pointe d'un monde d'azur cintré et croisé d'une croix d'argent.

Saline d'Art-sur-Meurthe 1862 - 1923



Une concession de mine de sel gemme et de sources salées de 1130 ha est autorisée pour la Société Léquin et Cie en 1858 sur les territoires d'Art-sur-Meurthe, Lenoncourt et Varangéville. Elle sera revendue en 1872 à la manufacture des glaces et produits chimiques de St Gobain-Chauny et Cirey avec augmentation de concession par la source salée de Drouville.
Deux sondages forés à l'intérieur de la saline dans la première couche de sel à moins 76 m vont créer un affaissement de terrain en 1876 dans le vide souterrain et liquide de saumure d'environ 40 000 m3, la masse liquide amortira le phénomène évitant une secousse violente comme à Varangéville en 1873, l'effondrement va durer une dizaine d'heures créant une dénivellation de 1,50 m  de profondeur en forme d'ellipse de 170 m par 140 m sur le sol de la saline.
A part quelques lézardes à des bâtiments situés au-dessus aucun dommage sérieux ne fut déploré.
Cependant pour mettre à l'abri les ouvrages tel que le canal et la voie ferrée passant à proximité, en 1879 on institua des périmètres de protection à tous les sondages avec effet rétroactif pour ceux en exploitation.
La saline prévue pour produire 20 000t de sel de différentes grosseurs ne produisait que 12 000 t en 1908 et sera démantelée en 1923.


Tomblaine 

En 770 : Angelram évêque de Metz donne aux moines de Gorze des terres pour s'installer, à côté de Nancy celles qui composent la commune actuelle de Tomblaine en font partie, son origine vient de l’étymologie Tumba Alandrum qui signifie Tombeau des Alains en mémoire de la victoire des Romains sur un peuple Barbare venu du Caucase.
En adoptant ce blason créé en 1969 par Felix Engel, Peintre colombien, la municipalité de Tomblaine a voulu exprimer son caractère républicain. Les couleurs du blason sont celles du drapeau de la république. Les deux filets ondés représentent la Meurthe et la Moselle. Héraldique blason : D'argent à la bande d'azur, chargée d'un bonnet phrygien de gueules bandé d'argent et cocardé d'azur, le tout chargé de deux cotices ondées d'azur.


Saline de Tomblaine 1885 - 1959


En juillet 1885 une concession de 357 ha va être accordée à la Société des salines de Tomblaine sous les territoires de Tomblaine, Saulxures-les-Nancy et Pulnoy.
A partir de 1901, elle va produire du sel chimiquement pur par évaporation de la saumure en vase clos. Ce procédé mis au point par Mr de Glenck-Korneman est développé dans des appareils à triple effet appartenant aux Salines de Schweizerhalle près de Bâle en Suisse.
Ce procédé moderne à multiple effet est déjà connu en sucrerie, il va être mis en place par Mr Claude alors Directeur de la saline.
Le premier effet consiste à chauffer par apport de vapeur vive condensée à 124°C, une saumure à une  pression de 1,65 bar dans le premier évaporateur, l'ébullition de la saumure génère une nouvelle vapeur à 105°C et une nouvelle pression sert à chauffer le deuxième effet et ainsi de suite, un circulateur à hélice dans chaque effet permettant une calibration différente du sel raffiné.
La centralisation à Varangéville verra sa fermeture en 1959.  


Source db : Le sel en Lorraine par E Gréau.