Mines et salines de Lorraine

L'éclairage portatif des mineurs dans la mine

Éclairage à feu nu : La lampe à huile
Depuis l'Antiquité, les mineurs se sont éclairés grâce à des chandelles de suif. Les mineurs les utilisaient soit sur des bougeoirs de fer, soit attachées à la tête au moyen d'une courroie de cuir.
Les romains se servaient également de lampes à huile en terre cuite ou en métal, lampes plus éclairantes que les chandelles .



       Lampe romaine à huile
     la flamme sort par le bec                                  Lampe chandelle
                           à huile et feu nu 1880


Front d'abattage du gisement de sel à gradins et redans décalés
Magnifique travail malgré un éclairage à la lampe chandelle plus que sommaire . 

La lampe à carbure
Le pouvoir éclairant de l'acétylène a été utilisé dès le XIXe siècle. Cependant comme toutes les lampes à feu nu, son usage fut réservé aux mines non grisouteuses.
Le carbure de calcium est produit en chauffant à très haute température (2000°) du coke (résidu de la houille) et la pierre à chaux.
Le carbure de Ca est mis en contact avec de l'eau, ce qui a pour conséquence la production d'éthyne, plus communément connue sous le nom d'acétylène.
L'acétylène se trouve sous forme de gaz. En brûlant celui-ci, on obtient une flamme très éclairante ainsi que du gaz carbonique et de la vapeur d'eau.

Lampe à carbure 1920


Éclairage de sûreté : La lampe à silex
La nécessité d'un éclairage de sûreté dans les atmosphères inflammables des mines (grisou, poussières) s'est avéré nécessaire suite à de nombreux accidents.
Le plus ancien procédé a été imaginé à Whitehaven, en 1760. Il s'agit d'un rouet à silex par dégagement de gerbes d'étincelles.

L' éclairage par gerbe d’étincelles ne transmet pas assez de chaleur pour enflammer le grisou.



La lampe à benzine 1780 puis à essence 1850
C'est à Humphry Davy et George Stephenson que nous devons le concept des lampes de sûreté : un tamis métallique à mailles très serrées empêche la propagation d'une flamme de l'intérieur vers l'extérieur de la lampe.

Sur ce dessin en éclaté, on peut observer une lampe de sûreté, spécialement conçue pour protéger sa flamme du grisou. Les lampes de mine sont généralement constituées de trois parties : le réservoir, qui contient le combustible; la "cage", protégée des chocs par des barreaux enferme le mécanisme de combustion (mèche, porte mèche, allumage etc...); "la cheminée", souvent constituée d'une cuirasse de tôle emboutie fermée par des rivets sert à canaliser l'air entrant et sortant.
On trouvera sur la plupart des modèles un système de verrouillage pour éviter que les mineurs n'ouvrent la lampe, et rendent inutile les systèmes de protection.



Outre la lampe Davy, citons : la lampe Clanny, la lampe Mueseler, la lampe Marsaut et la lampe Wolf. Chacune marquant un stade nouveau dans l'évolution technique de l'appareil. De nombreuses autres lampes s'apparentent à ces premières: la lampe Rode (1894), la lampe Fumat (1903), la lampe Mulkay, la lampe Müller à système de fermeture magnétique, la lampe Cuvelier-Catrice à fermeture hydraulique, la lampe Demeure, la lampe Seippel, la lampe Koch.





La lampe électrique 
Les premières lampes électriques portatives à piles primaires jetables mises en service en 1862 étaient loin de répondre à toutes les exigences de sécurité et d'environnement.
Les lampes à accumulateur et  électrolyte liquide : modèles d'Edison, de Pitkin, de Swan, de Bréguet, de Pollak, Stella, de Mallet-Parent (risques de brûlure d'acide, dégagement d'hydrogène).

Les lampes à accumulateur et électrolyte solide : modèles Arras, Oldham  présentent l'avantage de résister aux renversements accidentels.















La lampe portative frontale a évoluée dans le temps, Le casque aussi, d'abord chapeau en cuir bouilli appelé "barette" avec sa lampe au carbure pour les mines sans grisou il sera utilisé jusque dans les années 1950 et laissera la place au casque en plastique et à la lampe Oldham ( La fixation frontale de cette lampe sur le casque sert aussi de connecteur de charge pour la batterie, autonomie 8h) .

Doc : Collection  J.Vialaret