Collection "Sel de Varangéville" (clic)

DÉCOUVRIR LA MINE DE SEL et son musée A VARANGÉVILLE : LORRAINE- RÉGION GRAND-EST.

 Visite guidée à pied d'environ 3 heures dans la dernière mine de France en activité à 160 mètres sous terre (possibilité de restauration dans "la galerie du mineur" )                                                   "clic" sur l'image pour plus d'informations pratiques.


Les anciennes places à sel du Saulnois en Moselle

MOSELLE : Héraldique blason : d'or à la bande de gueules chargée de trois alérions d'argent,  au 3° d 'azur semé de croix recroisetées au pied fiché d'or à deux bars adossés de même, au 4° burelé d 'argent et d 'azur de dix pièces au lion de gueules à double queue armé, lampassé et couronné d 'or, sur le tout parti d 'argent et de sable.

Ces armoiries, adoptées en 1948, retracent l'histoire et la formation du département de Moselle. 

C’est dans la vallée de la Seille que commence la grande aventure du sel en Lorraine et ceci dès la protohistoire (Âges du bronze et du fer), la Seille ou Salia est un affluent de la Moselle avec laquelle elle conflue à Metz ancienne capitale d'Austrasie.

Sites de production de sel dans le Saulnois

L'exploitation du sel date du premier âge du fer, appelé "briquetage", on a pu reconstituer le procédé de mise en œuvre et la technique primitive de ce procédé.

En raison de la grande consommation de poteries nécessaires pour le briquetage, une nouvelle technique s’imposa après l’arrivée des Romains et remplaça peu à peu ce procédé par des patellas.

Le Pays du Saulnois doit son nom à l'exploitation du sel qui y était autrefois pratiquée. La première attestation écrite du « Salinensis Paganus » (Pays du Saulnois) date de 661.

L’histoire de cette industrie peut se diviser en 2 périodes bien distinctes avant et après la découverte du gisement salifère solide. La première par sources salées, qui s’étend depuis l’origine jusqu’à la Révolution et la seconde à l’époque moderne suite à la découverte en 1819 du gisement salé à Vic, et la dissolution à l'eau douce par forages du gisement pour en extraire la saumure.

Limite du Saulnois à l’époque gallo-romaine

 A l'époque romaine, des termes  latins sont employés pour désigner ces places à sel : (sedes, sessa,  salinaria, sessus salinaris, sedes salina, sessio salis, salina vallis). Elles étaient composées d’un puits à sel et d’une domus ou d'une villa-romaine composée de plusieurs bâtiments selon l’importance de l’exploitation.

Au bas Moyen-Âge c'est l'Église qui va administrer les places à sel subordonnées aux abbayes.  
ÉVÉCHÉ de METZ : Héraldique blason :  de gueules au dextrochère de carnation vêtu d’azur mouvant d’une nuée d’argent, tenant une épée du même argent garnie d’or et accostée de deux cailloux aussi d’or
 Les pierres rappellent le martyre de Saint-Étienne, lapidé, et la main tenant l’épée celui de Saint-Paul, qui eut la tête tranchée. Au Xème siècle, la Lotharingie est coupée en deux, Metz devient le chef-lieu d’un évêché puissant, et les évêques rassemblent entre leurs mains quasiment toutes les terres à sel.

Durant un demi-millénaire l’église jouera un rôle majeur dans la production et le commerce du sel, les monastères lorrains disposaient, dans la haute vallée de la Seille, d'un nombre important de salines. 

Les premières mentionnées dans les écrits des abbayes sont celles de Vic et Marsal au VIIe siècle, Moyenvic apparaît dans les textes au IXe siècle, bien que son exploitation soit apparemment antérieure. Alors que les premiers centres d’exploitation étaient contrôlés dès le XIIe siècle par les évêques de Metz, Dieuze leur échappait et appartenait au chapitre de la Madeleine de Verdun dès le XIe siècle.

Au XIIéme siècle on compte plus de 300 places à sel dans le Saulnois, 75 abbayes les contrôlent plus ou moins directement les puits salés, dont 32 à Marsal, 26 à Vic, 13 à Moyenvic. La Maison de Lorraine se sentant flouée, de nombreux conflits interviendront au fil des siècles avec l’évêché de Metz pour en prendre la maîtrise. L’industrie du sel apportera aux ducs de Lorraine près de la moitié de leurs ressources et ceci, de la fin du XVéme siècle au début du XVIIIéme.

DIEUZE : Héraldique blason : De gueules à trois bandes courbées d'argent
Depuis 1616 les trois bandes courbées apparaissaient sur un sceau seigneurial.

Nommé Decima en 633 par Dagobert, les salines n’ont jamais cessé d’être en activité depuis l'an 800 de notre ère. Propriété de l’église de Verdun au XIème siècle la ville et les salines deviendront possession des ducs de Lorraine au début du XIVème siècle. 

Pour palier la dépopulation suite aux guerres sanglantes durant 3 siècles, des familles picardes s’installèrent dans cette ville ravagée, remettant à l’usage la langue française.

Les doubles places fortifiées de Dieuze et de la Saline au XVIIéme
En 1789, les salines deviennent biens de la Nation, la Ferme est supprimée, cette compagnie de financiers fondée par Louis XIV avait pour vocation de prendre en charge la recette de tous les impôts et en particulier la gabelle une taxe sur le sel.

Dès 1880, on utilise la technique des sondages pour l’élévation de la saumure, la saline qui a orienté sa production vers la création de produits chimiques en1803 va connaître un développement considérable.

A partir de 1826, 2 puits de mine vont être foncés pour l’extraction du sel gemme mais à la suite d'inondation des galeries en 1864, on en revint au procédé ignigène par évaporation.

Avec la fabrication de produits chimiques, la production de sel de table devient tout à fait secondaire la production de sel s’arrêtera en 1973. En 1997, la partie la plus ancienne du site salinier sera cédée à la commune de Dieuze.

MARSALEcartelé de gueules et d'or.
Ce sont les armes traditionnelles de la ville; à l'origine entourée par deux bras de la Seille et traversée par une viæ salariæ pour le commerce du sel, Marsal  est construite sur un amas de débris d’argile et de cendres datant du premier âge du fer. 
Fortifications de Marsal d'après Israël Sylvestre XVIIIème 
Après fortification de la saline vers 1260 par Jacques de Lorraine évêque de Metz, elle devient un lieu très convoité. C'est une période florissante, bien que l'évêché de Metz doive se défendre des prétentions des  Ducs de Lorraine. La saline fut cependant délaissée en 1699 et sa source salée comblée dès 1708. Devenue une ville de garnison jusqu'en 1870, l’annexion prussienne fait perdre à Marsal sa qualité de place forte, elle redeviendra française en 1918.

MOYENVICParti d'or et de gueules.
Ce sont les armes traditionnelles de la ville de Moyenvic. les salines sont mentionnées dans un contrat de fermage de l'évêque de Toul depuis  836. En 1063 elles appartiennent aux chanoines de St Gengoult de Toul. 

Dès le XIIéme siècle l’exploitation y était importante et l’on fit construire un château destiné à défendre l’endroit. 

La Saline bénéficiait de sa propre fortification à l’intérieur de l'enceinte du village. Tour à tour propriété des évêques de Metz, du Duc de Lorraine puis du Roi de France le village vit se dérouler de nombreux affrontements. Le siège de Moyenvic en 1631 par l’armée de Louis XIII fut le plus célèbre. 

Après de nombreux affrontements pour la convoitise du sel, Moyenvic avec ses fortifications à terre, les salines seront abandonnées en 1831. De  cette époque il ne reste plus que la porte d’entrée de la place forte dernier témoin d’une activité qui fit la richesse de la ville.

Fortifications de Moyenvic, saline et chapelle en 1631
VICParti de gueules et d'argent.
Un sceau rouge et blanc de la ville daté de 1642 représente le martyre de Saint Etienne.
 Ancienne capitale du Pays Saulnois, Vigum est édifié sur un ilôt de briquetage, en 357, l’Empereur Julien y établit un camp immense et crée un atelier monétaire devenant la spécialité de cette ville pour le commerce du sel marchand. Cette place à sel est dévastée en 570 par des tribus germaniques convoitant les richesses du lieu suite à l’expansion du commerce du sel.

Devenue chef-lieu du temporel des évêques de Metz en 1053 , la ville obtient un accord sur 2 places à sel et chaudières pour produire son sel. Cet accord fut supprimé en 1402 par le duc de Lorraine. Après avoir vu tomber et relever ses remparts pendant plusieurs siècles, elle devient le siège d’un district de 9 cantons en 1790 grâce à ses riches salines.

Saline de Vic au début XIX éme siècle
En 1818, un forage est creusé dans le but de découvrir un gisement de houille, en fait, c’est le sel gemme qu'on explore et qui  apparaît à une profondeur de 65 m. Une mine de sel va être exploitée à partir de 1819 au mur de 3 m à 108 m sous terre, une entrée soudaine d’eaux dans les galeries le 11 décembre 1825 entraînera sa fermeture en 1831.
  En 1851, 10 saulniers travaillaient encore dans les salines de Vic mais les coûts de production étant trop élevés, la saline ferma quelque temps après et les salles à poêles furent démantelées. Le village ne prendra son appellation de Vic-sur-Seille qu'en 1918.

SALONNES D'azur au puits d'argent; au chef cousu de gueules chargé d'un alérion d'argent.
 Ce sont les armes traditionnelles du village. Les salines de Salonæ entrent en activité quand Charlemagne y fonda un prieuré vers 800  dépendant de l’abbaye de St Denis.
Des salines paraissent remonter à l’époque de Louis-le-Débonnaire qui portait donation du prieuré de Salone à l’abbaye de Saint-Mihiel, en 815 ou il est fait mention également  du village de Courcelles contigu à Salone ainsi que des eaux salées de ce lieu : (Donamus Villa Courcella cum  aquis salsati).

 Au milieu du XVéme siècle la source d’eaux fortes fut diluée par un mélange d’eau douce, restaurée en 1484 par René II,  les salines cesseront à nouveau leur activité vers 1612 pour le même problème de concentration de la muire. On trouve encore des comptes de Salonnes en 1633 quand les documents finissent d’exister.  

Le village est pillé en 1635 par les Suédois lors de la Guerre de Trente Ans, les précieuses archives et livres sont détruits. Le puits d’eau salée de Basse Salonnes, après avoir été comblé, puis rouvert à plusieurs reprises fut définitivement abandonné.


SALIVAL : de gueules à deux saumons adossés d’argent.
le blason de Salina vallis après association avec la Maison de Salm reprend celui de la branche vosgienne.
 Ancienne commune du Saulnois, une abbaye fondée en 1156 donna le nom de Salival en ce lieu où existaient de nombreuses sources salées.

Place à sel et abbaye de Salival en 1752
L'abbaye possédait terres, forêts, moulins et une place à sel avec chaudière à évaporation (en 1268, il est rapporté que l'abbaye de Salival se défait de la saline de Saléaux
au profit de l'évêché messin) 
Salival devient au XVème siècle une abbaye riche et puissante grâce aux salines de Salonnes.
En partie détruite en 1590, par des troupes protestantes en garnison à Marsal, de nouveau restaurée l'église sera complètement détruite en 1822 en même temps que le cloître, la saline sera abandonnée et les biens de l’abbaye dispersés. Elle devint une sucrerie sous Napoléon en 1806.
Depuis, Salival  est  un encart rattaché à Moyenvicdevenue une exploitation agricole, il ne subsiste plus de l'abbaye que le logis des moines.

CHAMBREY Coupé de gueules et d'or, à deux besants en chef et un tourteau en pointe de l'un en l'autre.
 Les boules sont les cailloux de saint Etienne, qui rappellent que Chambrey appartenait à la collégiale Saint Etienne de Vic. Le coupé indique que Chambrey était divisé en deux bans.Une saline est ouverte en 1881.                   

Saline de Chambrey au XXéme siècle
LEZEY SALÉAUX : De gueules au croissant d'argent surmonté d'une croix au pied fiché d'or accostée de deux saumons d'argent.
Il s'agit de la combinaison des armes des abbayes de Salival, (les saumons), et de Haute Seille, (la croix et le croissant) qui eurent des biens et droits à
Lezey. Cette saline avait la particularité au temps des romains  de produire du sel avec de grosses pierres au préalablement chauffées au feu 
en les immergeant dans des mares salés. Une fois refroidies elles étaient extraites et grattées pour en recueillir la mince couche de sel cristallisé de leur surface. 
Des pierres exposées demeurent les témoins de cette technique au musée de la Cour d'Or à Metz.

Propriété de l’Abbaye de Salival, il fut accordé à l’Abbaye de Beaupré en 1214 un droit de participation aux récoltes de sel. En 1468 l’évêché de Metz reprend la Saline à son  compte et pour dédommager l’Abbaye de Salival, lui accorde une rente sur les Salines de Moyenvic.

Saline de Saléaux au XXéme siècle
Les eaux salées de cette saline servait également à améliorer la concentration des eaux de la saline de  Rozière, celle-ci arrêtée en 1760 par le chancelier de la Galaizière, la saline de Lezey fermera à la suite.

Une ordonnance de 1844 autorise la remise en activité d’une saline  sous le nom de Salées-Eaux, on l’indique aussi sous la dénomination de « saline Cabocel » du nom de son propriétaire. Située entre Ley et Lezey, son existence prit fin après un bombardement à la libération de 1944.

CHÂTEAU-SALINS :  Parti d'or à la bande de gueules chargée de trois alérions d'argent et de gueules à la coquille d'argent.
L'héraldique du blason rappelle l'appartenance de Château-Salins au duché de Lorraine. 
un château fut construit en 1340 par le duc de Lorraine pour exploiter la source salée qui descendait des hauteurs de Coutures et séparait les bans de Salonnes et le moulin d’Amelécourt. Après  la mise en commun  du puits avec celui de Salonnes les 2 puits seront comblés en 1381.
La vieille saline du centre, qui fit toute la richesse de la ville, fermera ses portes en 1826 au profit d’une verrerie. 

Une usine de soude sera reconstruite en 1893 en dehors de l'agglomération et, en 1900, l’entreprise Solvay reprit tout le complexe industriel des salines et soudières. Celui-ci sera détruit en partie au cours de l'offensive française d'août 1914, les Salines ne survivront pas aux bombardements de 1944.

Salines de Château-Salins fin XIX éme siècle
Au XIXéme siècle, les salines de Dieuze, Château-Salins, Moyenvic sont concédées avec un bail de 99 ans à la compagnie des Salines de l’Est.  Après l’annexion de la Lorraine en 1870, la France a besoin de sel, les sites d'extraction vont se déplacer et se concentrer dans les vallées de la Meurthe et du Sânon où 16 salines plus modernes vont voir le jour ainsi que 2 mines d’extraction à Varangéville et 1 à Einville, l’industrie salicole ne sera plus guère exercée dans le Saulnois sauf à Dieuze qui en échappe jusqu'à la fin du XXéme.

Source db : Les salines en Lorraine au XVIIIe siècle par Pierre BOYÉ 
Saulnois/db/2016