Mines et salines de Lorraine

Sortie du vendredi 19 avril 2013


Les Anciens "Becs Salés" rendent visite
aux Anciens "Gueules Jaunes" 
des mines de fer de Lorraine.

La première sortie 2013 de l’AAS s’est déroulée dans les
mines de fer de Lorraine.

Accueillis à NEUFCHEF par d’anciens  mineurs, 3 groupes de 20 sont formés puis équipés de casques, parkas et lampes, la visite guidée débute dans une ancienne galerie à flanc de côteau  froide et très humide à 200 m sous terre.


Chaque chantier de front de taille représente l’évolution du travail du mineur de 1830 à 1993 date de la dernière  fermeture d’exploitation à MOYEUVRE.
A l’origine l’abattage du minerai s’effectue au pic éclairé à la lampe à huile et son transport se fait par les femmes ou les enfants de mineurs dans des hottes à dos puis en wagonnets  bois. Vers 1840 l’explosif à la poudre noire se généralise  ainsi que le roulage du minerai en berlines sur rails poussées par des chevaux. C’est l’apparition de nouveaux métiers dans la mine: rouleurs, poseurs de voies, basculeurs, palefreniers, forgerons, …
  
Vers 1910 c’est le début de la mécanisation grâce à l’électricité, la traction électrique est utilisée pour le roulage et l’eau d’exhaure est relevée par des pompes électriques remplaçant ainsi les anciennes pompes à manège il faut savoir que pour 1 t de minerai extraite 15000 l d’eau étaient remontés en surface.
Le tir à l’oxygène liquide en bâton de sciure succède à la poudre noire et la foration grâce au compresseur électrique s’effectue au marteau pneumatique.
Après  guerre  vers 1950 le boulonnage des plafonds de mine permet la généralisation du chargement mécanique, Jumbo pour la foration,  Joy et camions navettes pour le roulage puis chargeurs sur pneus, le travail est moins épuisant pour l’abattage mais apporte une augmentation des poussières et fumées due au tir par nitrate fuel et donc des maladies pulmonaires, en particulier la siderose (sider du grec fer) équivalente à la silicose pour le charbon.

Cette heure et demie passée sous terre  représente  très justement  les 150 ans d’évolution des techniques de production du minerai de fer dans la soixantaine d’exploitations que comptait la LORRAINE, ainsi que les très bons commentaires de  notre guide sur la vie de ces hommes jusqu’à 35000 qui ont permis le redressement de la France d'après guerre et à notre région de devenir une terre d’accueil et de mixité pour de nombreuses populations immigrées.

La visite se poursuit au jour dans 3 salles d’exposition portant sur la géologie du bassin ferrifère et la transformation du minerai dans la sidérurgie, dans une autre salle sont représentés les métiers et les dangers de la mine et la 3ème nous fait découvrir  la vie quotidienne des mineurs dans leur cité minière. Pour finir un film retrace cette période avec ses traditions telle la fête de Ste Barbe.

Vers 12h30 le repas est pris en commun au restaurant de la mine avec l'arrivée inattendue d’Édouard MARTIN, un des leaders emblématiques pour la sauvegarde des hauts-fourneaux de FLORANGE que l'on a vu dernièrement sur France 5 dans un excellent documentaire d'Anne GINTZBURGER " LA PROMESSE DE FLORANGE", une chronique douloureuse et profondément humaine



  

A 14h reprise du car vers AUMETZ sur le carreau de BASSOMPIERRE pour la visite cette fois d’une mine à  puits exploitée de 1900 à 1983 puis rebouchée.
Seul  les bâtiments et ateliers de surface sont visitables, ils représentent les chaînes de fabrication des cartouches à oxygène  liquide et les machines à tisser la mèche lente, occupant avant la mécanisation un quart de femmes des 800 employés de la mine.

Plus loin on peut voir la salle de la machine d’extraction et son poste de pilotage avec simulateur  de descente, la salle des compresseurs et les ateliers de régie servant à l'époque à l’entretien et au fonctionnement de cette mine à puits ( forge, atelier mécanique).

Dans une autre salle un musée de matériel  minier, où une bombe volante V1 est suspendue au
plafond, la guide nous en explique sa présence : le bassin occupé en 1943 par les allemands décident de transformer certaines mines comme Bassompierre et Tiercelet à la fabrication et à l'entrepôt de bombes volantes pour annéantir LONDRES, les travailleurs sont des prisonniers des pays de l'Est basés à quelques km dans le camp de THIL et qui ne reverront jamais leurs pays suite aux conditions extrêmes de travail qui leurs sont imposées.

Pour terminer certains gravissent  le chevalement du puits  et ses 300 t d’acier culminant à 35 m du sol pour découvrir un panorama du Pays Haut, ses cités minières, les fortifications Maginot, l’église en fer de CRUSNES, et l’impact de l’exploitation minière sur les terres.



diapo de la journée.


Pour mémoire : Le gisement ferrifère lorrain s'étend sur ~ 100 km de Luxembourg à Nancy pour une largeur de 20 à 30 km. En 150 ans, 3,1 milliards de tonnes ont été extraites sous 3 formes : à ciel ouvert (bassins de Longwy et Nancy), à flanc de côteaux (région d'Hayange), et par puits (bassin de Briey), avec une pointe l'année 1974 de 55 millions de tonnes. 
Pour cette exploitation de la minette lorraine datant de 180 millions d'années et formées de petits grains : les oolithes, 250 concessions avaient été accordées, ce minerai pauvre en fer environ 35% contenant beaucoup de phosphore le rendra peut compétitif face au marché mondial de l'acier, son extraction a cessé depuis 1997.

Après une journée bien remplie, tous très satisfaits nous prenons le chemin du retour. 
AAS/db/fer2013